RENDEZ-VOUS DES DOCS

A L'ELLIPSE CINÉMA 

 VENDREDI 10 MAI A L’ELLIPSE CINEMA D’AJACCIO

LES VOIX DE LA REVOLTE

Du cri de révolte d’une ouvrière en 1968 aux doléances des gilets jaunes, en passant par les chants de lutte des mineurs anglais, quatre films font entendre les voix rageuses, les voix poétiques, les voix politiques des ouvriers.

18h30 La reprise du travail aux usines Wonder de Pierre Bonneau, Liane Estiez-Willemont, Jacques Willemont (1968, 10’, France).
Ce matin de juin 1968, les ouvriers de chez Wonder viennent de voter la reprise du travail, après trois semaines de grève. Une jeune femme crie : "Je ne rentrerai pas !", Autour d’elle, des ouvriers s’attroupent. Les délégués syndicaux, artisans de la reprise, s’approchent et tentent de la calmer. Un étudiant de passage met de l’huile sur le feu. Il n’en fallait pas plus pour que ce plan séquence devienne un des classiques du cinéma direct.

Which side are you on ?de Ken Loach (1984, 52’, angl.) La grève des mineurs anglais de 1984 dura plus d’un an. Ils luttaient avec leurs familles pour leur travail, s’opposant à Margaret Thatcher qui démantelait l’industrie du charbon au Royaume Uni. Les mots de la classe ouvrière et les images filmées fusionnent pour révéler poétiquement le terrorisme gouvernemental et patronal contre les travailleurs pour détruire un mode de vie. Le néolibéralisme contemporain s’enracine alors dans l’Angleterre de Thatcher.

20h30 J’veux du soleil de François Ruffin et Gilles Perret (2019, 76’, France) 

 

Avec leur humour et leur caméra, Gilles Perret et François Ruffin traversent le pays: à chaque rond-point en jaune, c'est comme un paquet-surprise qu'on ouvrirait. Qu'est-ce qui va en sortir ? Des rires ou des larmes ? De la tendresse ou de la colère ? De l'art ou du désespoir ? Les deux compères nous offrent des tranches d'humanité, saisissent cet instant magique où des femmes et des hommes, d'habitude résignés, se dressent et se redressent, avec fierté, avec beauté, pour réclamer leur part de bonheur.

Notes sur l’appel de Commercy de Dominique Cabrera (2019, 25’, France)

Le 29 décembre 2018 les Gilets Jaunes de Commercy dans la Meuse lancent un appel sur internet à la première Assemblée des Assemblées des Gilets Jaunes. L'appel est un succès: plus de 300 délégués de toute la France y répondent les 26 et 27 Janvier 2019.La réalisatrice Dominique Cabrera est touchée par la force, le style et la singularité cinématographique de cet appel : plan séquence, une seule prise,  frontalité, partage de la parole. Le contraire de la « communication » politique. Elle se rend à Commercy et filme pendant l’Assemblée des assemblées des témoignages sur ses conditions d’élaboration : recherche d'autonomie, absence de hiérarchie, spontanéité, simplicité, acceptation de soi et de l’autre... 


C’EST DEJA FINI

JEUDI 28 MARS 

ASILE, PRISON, LIBERTE

L’hôpital psychiatrique de Valvert à Marseille ou la prison de Casabianda en Corse sont des lieux d’exception dans leur genre, puisque ces lieux traditionnellement fermés sont ici dits « ouverts ». Deux cinéastes y ont observé la vie quoditienne et débusqué la précieuse singularité humaine subsistant dans ces marges de nos sociétés.

18h30 Valvert de Valérie Mréjen (52’, France, 2009)

 Valvert est un hôpital psychiatrique de Marseille créé au milieu des années 70, dans un esprit d’ouverture et de libre circulation. 
Le film, à travers une observation du quotidien, dresse un portrait de l’endroit en mêlant entretiens avec des soignants et scènes de la vie des patients. 
Dans une ambiance résolument éloignée du modèle asilaire, cette circulation met en valeur différents comportements de la folie ordinaire.

 

Un buffet sera offert entre les deux séances, à 19h30

20h30 :  La liberté de Guillaume Massart ( 146’, France, 2019)

Dans la plaine orientale Corse, Casabianda est un centre de détention très singulier, au sein d’un vaste domaine agricole. Cette prison qu’on dit « ouverte » n’a rien à voir avec les prisons habituelles : à la place des barreaux, des murailles ou des miradors, les arbres, le ciel et la mer…Au fil des saisons, une année durant, Guillaume Massart s’y est rendu afin de comprendre ce que change cette incarcération au grand air. Sous les frondaisons ou sur la plage, la parole des détenus, d'ordinaire passée sous silence, se libère petit à petit...    

En présence du réalisateur


SAMEDI 23 FEVRIER

AVANT-PREMIERE DU FILM DE NANNI MORETTI

SANTIAGO, ITALIA

EN PRESENCE DE CARMEN CASTILLO

Parallèlement à ses œuvres de fiction, Nanni Moretti poursuit, via ses documentaires, le portrait d’une gauche en déshérence : celle de sa génération. Dans la lignée de son documentaire La Cosa qui, en 1990, donnait la parole aux communistes italiens en pleine crise d’identité après la chute du mur de Berlin, Nanni Moretti revient sur le putsch militaire par lequel le général Pinochet a pris le pouvoir au Chili en 1973. L’occasion d’un retour nostalgique sur un peuple italien solidaire qui fut alors l’hôte des réfugiés chiliens. En ouverture de cette soirée, c’est le Moretti directeur de salle qui nous réjouit avec un court métrage hilarant sur l’impérialisme du box office !

 20h30 : Le jour de la première de Close-up de Nanni Moretti (7’, 1995, Ital,)

Ce soir de 1994 dans la salle de cinéma romaine de Nanni Moretti, le Nuovo Sacher, l’agitation est à son comble. Alors qu’il programme Close Up, le chef d’œuvre d’Abbas Kiarostami, sort également Le Roi lionQuatre mariages et un enterrement, ou encore Speed… Les affres d’un fou de cinéma confronté aux lois du marché!

20h40 : Santiago, Italia de Nanni Moretti (80’, 2019, Ital/Fr, vostf) sortie le 27 février.

Après le coup d'État militaire du général Pinochet de septembre 1973, l'ambassade d'Italie à Santiago (Chili) a accueilli des centaines de demandeurs d'asile tentant d’échapper à la prison, à la torture, à la mort. À travers des témoignages et des images d’archives, le film de Nanni Moretti réveille cette période d’espoir socialiste réduite en cendres par la dictature. Puis ces vies en lambeaux des exilés chiliens recueillis par les diplomates italiens puis par un peuple de gauche solidaire. De la nostalgie comme vivifiante piqure de rappel.

En présence de Carmen Castillo, cinéaste, protagoniste du film 

qui fut réfugiée politique chilienne en France

 Un buffet sera offert après la séance

SAMEDI 26 JANVIER 2019

L'AMERIQUE EN NOIR ET BLANC

Cinquante ans après l’assassinat de Martin Luther King, deux films témoignent de ce que fut et de qu’est encore la lutte pour la justice de la communauté afro-américaine. L’un en retraçant l’itinéraire du leader charismatique. L’autre en suivant les nouveaux militants du Black Power.

16h00 King: de Montgomery à Memphis de Sidney Lumet et Joseph Mankiewicz (182’, 1970, USA, vostf) 

 

Depuis le boycott des bus de Montgomery en 1955 jusqu’à son assassinat le 4 avril 1968 à Memphis, ce documentaire retrace les étapes cruciales de la vie pasteur baptiste King, prix Nobel de la paix en 1964, qui prononça devant plus de 250 000 personnes un discours resté célèbre, commençant par ces mots : « I Have a Dream ». Martin Luther King fut l’une des principales figures de la lutte pour les droits civiques des noirs aux États-Unis, prônant la déso­béissance civile et la non-violence. Un formidable portrait signé de deux grands noms du cinéma américain.

20h30 ...The World’s on fire? de Roberto Minervini (122’, 2018, USA/Ital/Fr, vostf) 

Un an après la mort d’Alton Sterling, une chronique de la communauté afro-américaine de Bâton Rouge en Louisiane, durant l’été 2017, quand une série de meurtres violents contre de jeunes Noirs agite le pays. Une réflexion sur la question raciale, un portait intime de celles et ceux qui luttent pour la justice, la dignité et la survie dans un pays qui les maintient à la marge. Mais aussi la chronique d’une résistance politique des militants Black Power, héritiers du mouvement Black Panthers.

Suivi d’un skype avec le réalisateur (sous réserve)

Une exposition photographique sur Martin Luther King sera installée du vendredi 25 au dimanche 27 janvier dans le hall de l'Ellipse cinéma.


CINÉ-VILLAGES 

VENDREDI 17 MAI A BILIA

(SALLE DES FETES) 

19h00 : La sociologue et l’ourson de Mathias Théry & Etienne Chaillou (78’, 2016, France) 

Inventif et percutant, ce documentaire d'Etienne Chaillou et Mathias Thery observe avec humour un épisode de l'actualité récente, qui a divisé la France : le Mariage pour tous. Au-delà du débat passionné autour du projet de loi, ce film tente d'expliquer avec malice pourquoi le pays s'est déchiré et en profite pour rappeler que l'institution du mariage a beaucoup été bousculée à travers les siècles.

Entrée libre suivie d’un spuntinu et d’un débat

Rens. : fasarte18@gmail.comou tel : 06 41 45 76

 


DOC & DOC

A L'ESPACE DIAMANT 

VENDREDI 24 MAI A L’ESPACE DIAMANT D’AJACCIO 

SOIREE HOMMAGE A AGNES VARDA

Soirée d’hommage à Agnès Varda, disparue le 29 mars 2019, avec deux de ses films, dont le dernier, une leçon de cinéma, un autoportrait qui est aussi un au revoir ! 

18h30 Les glaneurs et la glaneuse d’Agnès Varda (2000, 82’, France) 

Un peu partout en France, Agnès a rencontré des glaneurs et glaneuses, récupérateurs, ramasseurs et trouvailleurs. Par nécessité, hasard ou choix, ils sont en contact avec les restes des autres. Leur univers est surprenant. On est loin des glaneuses d'autrefois qui ramassaient les épis de blés après la moisson. Patates, pommes et autres nourritures jetées, objets sans maître et pendule sans aiguilles, c'est la glanure de notre temps. Mais Agnès est aussi la glaneuse du titre et son documentaire est subjectif. La curiosité n'a pas d'âge. Le filmage est aussi glanage.

20h30 Varda par Agnès (2019, 115’, France)

Le documentaire d’Agnès Varda se concentre sur son parcours de réalisatrice, offrant un éclairage personnel sur sa démarche de création qu’elle appelle la "cinécriture". À travers ses Leçons de cinéma et conférences entre Paris, Pékin et Los Angeles, cette fascinante conteuse nous propose une incursion dans son univers, l’opportunité pour elle de continuer à semer des désirs de cinéma. Un dernier film en forme d'autoportrait cinématographique passionnant.


C’EST DEJA FINI

SAMEDI 23 MARS A SOLLACARO 

(bibliothèque) 

20h00 :L’envers d’une histoire de Mila Turajilic (104’, France/Serbie, 2017)

Uneporte condamnée dans un appartement de Belgrade révèle l’histoire d’une famille et d’un pays dans la tourmente. Tandis que la réalisatrice entame une conversation avec sa mère, le portrait intime cède la place à son parcours de révolutionnaire. Cette mère fut une figure publique durant les guerres civiles des années 90 en tant que membre du mouvement de résistance à Milošević. Elle raconte son combat contre les fantômes qui hantent la Serbie, dix ans après la révolution démocratique et la chute de Milošević.

Prix du meilleur long métrage documentaire au festival IDFA 2017 

sélectionné à Corsica.Doc 2018.

Entrée libre suivie d’un spuntinu et d’un débat

 


SAMEDI 16 FEVRIER

BIBLIOTHEQUE DE SOLLACARO

 

20h00 : First contact de Robin Anderson et Bob Connolly (52’, Australie, 1982)

 En 1930, trois jeunes chercheurs d'or, Michael, Daniel etJames Leahy quittent le Queensland, en Australie, pour la Nouvelle-Guinée. Ils y découvrent dans des régions reculées et inhospitalières de l'île une population jusqu'alors ignorée du reste du monde : les Papous du centre de la Nouvelle-Guinée. Les trois frères, caméra à la main, ont filmé les réactions extraordinaires de ce peuple confronté pour la première fois à l'homme blanc. Cinquante ans plus tard, Bob Connolly et Robin Anderson partent pour la Nouvelle-Guinée et montrent aux Papous, en jeans et baskets, et à Daniel Leahy, le film de ce premier contact. Chacun commente le souvenir de ce face à face insolite... L'exclusivité et la qualité des archives mais aussi les témoignages recueillis un demi-siècle plus tard par Bob Connolly et Robin Anderson font de First Contact un document ethnographique exceptionnel.

Entrée gratuite suivie d’un spuntinu et d’un débat


VENDREDI 22 FEVRIER

 SALLE DES FETES DE BILIA 

 

19h00 : Un paese di Calabriade Shu Aiello et Catherine Catella (90’, Italie, 2016)

 Riace est un village de Calabre. Autrefois terre de guerriers, c’est aujourd’hui un havre de paix pour les réfugiés : la pensée utopique d’une petite communauté au cœur d’une Europe au ségrégationnisme grandissant. Par le passé, le maire décida de céder des logements vides à ceux qui avaient besoin d’un toit, quelle que soit leur origine ou la couleur de leur peau. C’est ainsi que la communauté de Riace devint la première à accueillir convenablement des réfugiés, à les héberger comme des êtres humains et non comme les statistiques d’une catastrophe mondiale. Mais l’heure est aux élections. L’opposition veut se défaire du maire de gauche… 

À la manière d’une fable néoréaliste de Vittorio De Sica, le village et ses habitants incarnent l’espoir d’un futur meilleur.

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Entrée libre suivie d’un spuntinu et d’un débat

Rens. : fasarte18@gmail.comou tel : 06 41 45 76 49


BIBLIOTHÈQUE DE SOLLACARO LE 19 JANVIER

Samedi 19 janvier

20h00 : Braguino de Clément Cogitore (50’, France, 2017)

 

Au milieu de la taïga sibérienne, à 700 km du moindre village, se sont installées 2 familles, les Braguine et les Kiline. Aucune route ne mène là-bas. Seul un long voyage sur le fleuve Ienissei en bateau, puis en hélicoptère, permet de rejoindre Braguino. Elles y vivent en autarcie, selon leurs propres règles et principes. Au milieu du village : une barrière. Les deux familles refusent de se parler. Sur une île du fleuve, une autre communauté se construit : celle des enfants. Libre, imprévisible, farouche.  Entre la crainte de l’autre, des bêtes sauvages, et la joie offerte par l’immensité de la forêt, se joue ici un conte cruel dans lequel la tension et la peur dessinent la géographie d’un conflit ancestral.

Entrée gratuite suivie d’un spuntinu et d’un débat


MEDIATHEQUE DE BILIA LE 25 JANVIER

Vendredi 25 janvier

19h00 : Il mondo perduto de Vittorio de Seta (5 X 10’, Italie, 1954)

 

Filmés en technicolor, le plus souvent en cinémascope, ces courts métrages mettent en scène les pêcheurs, bergers, paysans des terres arides de l’Italie du Sud, de la Sicile, de la Sardaigne ou de la Calabre du milieu du XXème siècle. De Seta filme les gestes et les corps en relation intime avec le territoire qui les fait vivre comme autant de traces d'une culture paysanne immémoriale et universelle en voie de disparition. Sur les dix films de la collection, 5 seront présentés : Lu Tempu di li pisci spata, Isole di fuocoSurfarara, Parabola d'oro et Pastori di Orgosolo. 

Entrée gratuite suivie d’un spuntinu et d’un débat

Rens. : fasarte18@gmail.comou tel : 06 41 45 76 49